top of page

Interruption et … frustration ?



« Maman ! »


J'avais prévu de travailler sur un projet qui me tenait à cœur, et voilà que mon fils me lance un « je m'ennuie ! » après avoir épuisé ses minutes d'écran. J'ai beau lui proposer plusieurs activités, ce qu'il veut, c'est que je m'occupe de lui. Intérieurement, je crie « Oui, mais mon projet, qui va s'en occuper alors ? » C'est déjà la course pour moi, et lui, il me tend le bâton de sa frustration comme un bâton de relais. À mon tour d'être frustrée. Que je l'accepte ou non, continuer à travailler tranquillement sur mon projet n'est plus une option. À moins de renoncer aux règles qui limitent le temps d'écran – et de vivre avec la frustration d'avoir cédé. (On l'a tous fait. Parfois, on n'a pas le choix.)





Ce qui gâche tout, c'est de continuer à travailler en me disant « je devrais être en train de m'occuper de mon fils », ou de m'occuper de mon fils en me disant « je devrais être en train de travailler ». Dans les deux cas, je suis insatisfaite du présent et je voudrais le changer.


Je repense au vieux professeur Kirke dans les Chroniques de Narnia, enchanté d'être interrompu par les enfants. Facile pour lui : l'interruption était occasionnelle – pas continuelle comme pour une maman.


C'est là que l'acceptation et le lâcher prise entrent en jeu. Ce sont peut-être eux, les deux autres coureurs. J'inspire profondément. Après tout, mon fils, c'est aussi un projet qui me tient à cœur. Nous sommes dans la même équipe. Il veut emprunter de mes ressources. Pourquoi serais-je réticente à l'aider alors que je le ferais volontiers pour un collègue ou un client ?


C'est que, dans le cadre professionnel, j'ai une idée bien plus claire des objectifs et des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. Alors que le projet de développement de mon enfant paraît beaucoup moins tangible et glouton en investissement. Cependant, il a le potentiel d'être tellement plus gratifiant : j'ai tout intérêt à le définir. Ainsi, le bâton de frustration se transformera en bâton de transmission. Que ce soit au niveau émotionnel, intellectuel ou physique, j'ai tant à lui donner. Et j'ai un certain pouvoir de rendre cette interruption utile et agréable.


Son développement, je veux y participer. Je veux aussi m'occuper d'autres projets. Je sais que je ne pourrai pas toujours choisir quand je travaillerai sur l'un ou l'autre.

Mais plutôt que de voir l'interruption comme une impasse, un cul-de-sac dans lequel

on perd du temps à faire demi-tour, je veux la voir comme une route alternative, et ajouter une étape intermédiaire à ma destination professionnelle. Un peu comme un belvédère pour lequel je suis prête à quitter temporairement l'autoroute, même s'il me retarde dans mon planning. La vue magnifique en vaut la peine.




Ornella Davis

Suivez notre chroniqueuse bien-être sur Instagram, ici 


Avez-vous trouvé cet article utile ? Partagez vos impressions, questions ou astuces dans les commentaires ci-dessous, et n'oubliez pas de liker et partager ce post pour enrichir la communauté Valeur Féminine. Votre feedback est précieux. Merci :-)

Commentaires


  • Facebook
  • YouTube
  • Instagram

©2026 par Valeur Féminine

bottom of page