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Joëlle Kapinga : Chef chez Petits Plats par des Grands

Dernière mise à jour : 17 oct. 2020


Joëlle Kapinga, Chef chez Petits Plats par des Grands

Du haut de ses 35 ans, Joëlle Kapinga sait ce qu’est la détermination. Chaque jour, après son travail d’informaticienne à la Commission européenne, elle vit son rêve en enfilant son tablier de traiteur-restauratrice et concocte de délicieux mets pour Petits Plats par des Grands (PPG). Cette entrepreneuse cumule deux métiers à temps plein grâce à un entourage solide et à une très bonne organisation. Elle nous dévoile l’histoire de son restaurant et son amour pour la cuisine afro élégant.

VF : D’où te vient ta passion pour la cuisine  ?


Joëlle Kapinga : Je suis une autodidacte. J’ai été élevée par ma grand-mère, Maman Léonie, qui m’a enseigné tout ce que je sais faire, et m'a transmis cet amour pour la cuisine. J’étais tout le temps avec elle, je n’avais pas le choix. À vrai dire, elle me considérait comme son assistante (rires). J’ai aussi appris à mijoter des petits plats dans les casseroles de ma tante italienne chez qui j'ai passé mes vacances d'été, quand j'étais plus jeune. Ma belle-mère belge, dont l’époux était togolais, a également façonné ma manière de cuisiner. Cette dernière maîtrise les spécialités de l'Afrique de l'ouest et m’a partagé ses précieuses recettes. Tout au long de ma jeunesse, j’ai été bercée dans cet univers. J’ai pris tellement de plaisir à découvrir des saveurs tant africaines qu’européennes que cela a été comme une révélation.


VF : À quel moment as-tu décidé à te lancer comme traiteur  ?


Joëlle Kapinga : Je dirais un an environ après avoir proposé à mes copines de préparer ensemble des buffets pour des événements familiaux. L’aventure a commencé comme cela, il y a quelques années. Nous assurions les repas des fêtes de baptême, d’anniversaire, etc. Très vite, notre travail a été apprécié et les choses ont pris une ampleur que nous n’avions jamais soupçonnée. Nous ne pouvions plus continuer à préparer chacune chez soi. Il a donc fallu passer au niveau supérieur. Grâce au bouche-à-oreille, nous avons commencé à être sollicités pour dresser les buffets de mariage. D’ailleurs, la première fois a été assez stressante pour toute l’équipe, car nous nous demandions si nous y arriverions. Finalement, ça a été un réel succès et à ce moment-là, j’ai su que nous étions prêtes. Mais pour moi, ce qui comptait surtout c’était que ma famille me soutienne, comprenne ma vision et valide mon travail. J’ai alors proposé d’organiser avec les filles le repas d’anniversaire de ma grand-tante, pour lequel tous mes proches allaient se réunir. Nous avions dressé le buffet comme nous le faisions pour nos clients. Personne ne savait que j’étais aux fourneaux, sauf elle. Elle ne l’a révélé aux convives qu’à la fin de la soirée. J’ai pu voir à quel point tous étaient agréablement surpris. À cet instant, je me suis vraiment sentie prête pour me lancer, car j’avais obtenu la validation et la bénédiction de ma famille.


Nos clients viennent à nous parce qu’ils savent que nous allons leur proposer quelque chose de distingué, d’élégant et de propre.

VF : Que peut-on manger chez PPG  ?


Joëlle Kapinga : Je dis souvent que ma cuisine est colorée, car c’est comme ça que je me définis en tant que traiteur afro élégant. Je propose à la fois des plats africains et européens. C’est l’union culinaire de deux cultures dans lesquelles je baigne depuis que je suis petite. Chez PPG, on peut manger un gratin de patate douce ou des lasagnes de bananes plantains, par exemple. J’aime mixer les saveurs pour revisiter certaines spécialités africaines en leur apportant un côté européen. Nos clients viennent à nous parce qu’ils savent que nous allons leur proposer quelque chose de distingué, d’élégant et de propre. Ma féminité se reflète aussi dans nos assiettes qui ont toutes une touche raffinée.



VF : Comment as-tu choisi le nom de ton restaurant ?


Joëlle Kapinga : « Petits Plats par des Grands » a été comme une évidence. Il m’a fallu beaucoup de temps avant de me faire confiance parce que je considère que cuisiner c’est vraiment se mettre à nu. On expose aux autres ce qu’on sait faire. D’ailleurs, mes amis ont cru plus en moi que moi-même et me répétaient : « Mère Jo, quand on vient chez toi, on mange trop bien  ! Quand est-ce que tu te lances »  ? Je me demandais si j’arriverais à dépasser ce cap, jusqu’au jour où j’ai eu cette révélation. Je me suis dit qu’il était temps de mettre les petits plats dans les grands. Le nom du restaurant est un jeu de mots qui fait référence à cela (rires).


Les femmes se fraient leur chemin dans ce milieu, même si l’on est encore habitué à voir beaucoup d’hommes chefs. Elles assument ce rôle aussi bien qu’eux, voire mieux.

VF : Quelle est ta vision du travail en équipe et quelles sont tes valeurs ?


Joëlle Kapinga : Toutes les personnes qui travaillent avec moi connaissent ma rigueur. Je leur en demande beaucoup et je m’applique aussi cette exigence parce qu’il faut être juste. Cela assure la stabilité de l’équipe et explique qu’elle soit restée fidèle toutes ces années. Je reconnais être intransigeante en cuisine, bien que dans la vie quotidienne je sois une femme assez souriante. Quand je suis aux fourneaux, je laisse place à la concentration et au travail bien fait. Je mets un point d’honneur à utiliser des produits de qualité, et je forme personnellement chaque collaborateur pour transmettre ma vision. C’est très important pour moi.


L'équipe PPG : Yves-Pascal Mukadi, Carole Mukanya, Pauline Pom-Nyom, Virginie Fourneau, Joëlle Kapinga

VF : Quels sont les éventuels défis que tu rencontres en tant que Chef et femme, et comment y fais-tu face  ?

Joëlle Kapinga : Je pense que les émissions culinaires ont contribué à redorer le blason de la cuisinière lambda. Aujourd’hui, je trouve qu’on est beaucoup valorisé en tant que Chef et femme. Je n’ai rencontré aucun problème pour ma part. Mon équipe et moi sommes très bien accueillis dans les cuisines d’autres traiteurs. Les femmes se fraient leur chemin dans ce milieu, même si l’on est encore habitué à voir beaucoup d’hommes chefs. Elles assument ce rôle aussi bien qu’eux, voire mieux (rires).


VF : Il n’est pas toujours possible de compter ses heures en tant qu’entrepreneuse. Comment gères-tu l’équilibre entre ton travail de traiteur-restauratrice et ta vie de famille/vie sociale  ?


Joëlle Kapinga : Sans langue de bois, ce n’est pas évident  ! Dans ce genre de métier, il faut apprendre à déléguer et je pense que c’est important d’être bien entourée. J’ai un noyau fort qui m’entoure et à qui je peux confier des tâches. Avec les années et le temps, mon équipe sait où je veux aller. La charge de travail est telle qu’il est primordial pour moi d’avoir cette brigade comme j’aime toujours le dire. Néanmoins, étant mère de 4 enfants, je patauge encore parfois. Je dois trouver des moments pour chacun d’eux. J’ai instauré les « Mummy days », lors desquels je consacre une journée de la semaine à un seul de mes enfants. Ils adorent cela et attendent leur tour avec beaucoup d’impatience (rires). Quand on fait partie d’une grande fratrie, avoir des moments de qualité est important, car on n’a pas toujours l’occasion de se dire certaines choses. Du coup, durant ces journées, je prends vraiment le temps de parler seul à seul avec chacun de mes enfants. Depuis que j’ai commencé cela, j’observe qu’ils sont aussi heureux de ces temps passés ensemble, parce qu’ils se sentent spéciaux (rires). Ce que je bâtis aujourd’hui c’est d’abord pour eux, donc ils doivent avoir une place dans cet empire, sinon ça n’a pas de sens. Je suis aussi très organisée. J’aime que ma maison soit propre et que tout soit bien rangé. J’éduque mes enfants dans le respect de ce que je fais pour eux. Je n’hésite pas à ce qu’ils mettent la main à la pâte. Étant également informaticienne, je fais des tableaux Excel avec les tâches ménagères et les activités de chacun. Ils savent ce qu’ils ont à faire (rires). À côté de cela, je consacre aussi du temps pour ma vie de couple, pour moi et pour mes copines, bien que ce ne soit pas toujours évident.


VF : Qu’aimes-tu faire quand tu ne travailles pas  ? Qu’est-ce qui est important pour toi  ?


Joëlle Kapinga : Je trouve essentiel de ne pas s’oublier. Je me suis découvert une âme de sportive pendant le confinement (rires). Je vais à la salle de sport quand les enfants sont au lit. Ça me fait vraiment du bien, car c’est mon moment à moi. J’apprécie également les soirées entre copines où l’on refait le monde. Je suis aussi assez coquette et j’aime prendre soin de moi en faisant mes ongles et mes cheveux (rires). J’aime rester féminine.



Joëlle Kapinga, Chef chez Petits Plats par des Grands

VF : 2020 est une année difficile particulièrement pour le secteur de l’horeca en raison de la crise sanitaire du Covid 19. Comment la période du confinement et celle du déconfinement se sont-elles passées pour PPG  ?


Joëlle Kapinga : C’était très compliqué en tant que restaurateur et traiteur. On a tous ressenti cette crise. Tous nos gros événements ont été annulés ou reportés à l’année prochaine, mais sans aucune certitude. Pendant le confinement, j’ai eu en ligne beaucoup de futurs mariés en larme… Le plus dur a été de les rassurer sans savoir de quoi demain serait fait. Même si je suis le Chef, je prends le temps de rencontrer mes clients, de leur faire déguster les plats, et de créer ainsi du lien avec eux. On prépare leur mariage un an à l’avance et je finis par les connaître. Ici, au bout de quelques mois, il a fallu annoncer que tout ça n’aurait pas lieu vu la crise sanitaire. Cette période n’était pas facile pour eux ni pour nous. Mais, je pense qu’il ne faut pas se laisser abattre, au contraire, il faut se relever. On a trouvé des stratégies pour rester à flot. Pendant le confinement, on a intégré sur notre site Internet les commandes à emporter et on a fait beaucoup de promotion sur les réseaux sociaux. Au moment du déconfinement, on a également ajouté notre offre de commande à apporter sur Takeaway.com. À notre grand étonnement, les gens ont été et restent très réceptifs à ce genre de service.


VF : Quels conseils donnerais-tu aux femmes qui souhaitent un jour se lancer dans l’horeca  ?


Joëlle Kapinga : Je leur souhaite d’abord d’avoir beaucoup de courage et je leur dirais de ne surtout pas hésiter si c’est leur rêve. C’est un métier où il faut être passionné, car on ne compte pas ses heures. C’est aussi un métier qui demande beaucoup d’organisation, surtout quand on a des enfants. Mais, je pense que c’est important d’être à l’écoute de soi et de suivre ce qu’on aime faire. Je m’épanouis vraiment en tant que traiteur-restauratrice.


VF : Comment souhaites-tu faire évoluer PPG  ?


Joëlle Kapinga : Ma vision est de faire grandir PPG. Je veux développer plusieurs équipes à l’étranger pour leur transmettre mon savoir. Je désire aussi un jour pouvoir offrir des cours de cuisine aux femmes, car je me suis rendu compte qu’on est une génération qui ne sait pas vraiment cuisiner. C’est : « Ou tu l’as, ou tu ne l’as pas »  ! Du coup, j’aimerais proposer des ateliers lors desquels je pourrais leur montrer comment mijoter des petits plats. Pour l’instant, mon focus est de renforcer la base que j’ai actuellement.



Interview réalisée par Valeur Féminine


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Téléphone : 0483/41.74. 89

Email : info@petitsplats.be

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Tél. : 02/269.44.20

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1 commentaire


barcafanlm F10
barcafanlm F10
06 oct. 2020

Tout mes encouragements Joëlle Kapinga, tes petits plats ont l'air délicieux😋 sur les photos, je ne manquerai de faire un tour au restaurant pour le savourer.

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